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Adrien Lecompère : « J’avais besoin de reconstruire ma confiance (...) et de redéfinir mon horizon »

image d'illustration représentant une silhouette d'un être humain

Adrien Lecompère, bilan de compétences, 2020


« J’avais besoin de reconstruire ma confiance (...) et de redéfinir mon horizon »
 

Dans quel contexte avez-vous décidé de réaliser un bilan de compétences à l’UVSQ ? Quelles ont été vos motivations ? Aviez-vous des attentes particulières ?

J'ai quitté mon emploi avant la crise sanitaire. J'exerçais comme chargé de projet et conseiller en insertion professionnelle. J’avais plusieurs projets : créer des sites internet et trouver un emploi de chargé de projet.

Quand le premier confinement a été décrété, j'en suis venu à demander si je pouvais miser sur de tels projets dans une période particulièrement difficile pour trouver un emploi ou développer une activité indépendante. J’hésitais donc à réviser mes objectifs : positionner ma candidature dans des entreprises de travail temporaire et viser des postes strictement administratifs ou bien continuer à développer des projets ?

J’avais réellement besoin de conseil et d’un cap. Car après un an de recherche, seul un employeur m’avait proposé un entretien tandis que mes compétences en développement informatique ne me permettaient pas encore d’aboutir à la concrétisation complète d’un projet de site web.

J’avais besoin de reconstruire ma confiance – confiance dans ma capacité de capter l’attention d’un employeur et à le convaincre de m’embaucher – et de redéfinir mon horizon – continuer à chercher un poste de chargé de projet, à me former en développement informatique ou m’engager sur une voie différente ?

Comment s’est déroulé votre accompagnement ?

Mon bilan a commencé en juin 2020 pour s’achever en novembre de la même année. Cette programmation s’adaptait à mon calendrier : je pouvais ainsi mener de concert mes différentes activités tout en me consacrant au travail de fond qu’exige le bilan tel qu’il est mis en œuvre par l’UVSQ.

De manière générale, je savais qu’un bilan représente un travail personnel en profondeur car j’ai été prescripteur de bilan au cours de ma carrière et j'ai pu échanger avec des personnes ayant bénéficié d'un bilan. Il s’agissait de faire un tour d’horizon complet de mon parcours : depuis le premier entretien où ma conseillère m’a présenté le bilan jusqu’au dernier où j’ai eu la restitution en passant par la biographie, les tests de logique et de motivation, l’analyse des activités par compétences qui doit mener à la définition des grandes lignes de réflexion qui me permettent de repenser mon projet professionnel.

C’est un travail intense et passionnant grâce à cette approche du parcours professionnel.

Ce bilan de compétences a-t-il répondu à vos attentes ? Quels ont été les apports au plan professionnel ? et personnel ?

Le bilan de compétences m’a permis de reconnaître et de me réapproprier mes atouts non seulement en termes de compétences et de qualités personnelles mais aussi en termes de profil. Car ma principale faiblesse était de ne pas parvenir à les mettre en avant aux yeux des employeurs.

Autrement dit, grâce au travail que j'ai effectué pendant le bilan, j'ai pu faire la synthèse des acquis et des qualités que j'ai mobilisés et développés pendant plus de vingt années de parcours professionnel.

Il m’a permis aussi de prendre conscience clairement que si je ne parviens pas à avoir suffisamment d'entretiens d'embauche ce n’est pas uniquement parce que je n’ai pas su ou que je n’ai pas été capable d’attirer l’attention d’un employeur mais surtout c’est une décision du recruteur qui s’est soit porté sur une autre personne, un autre profil, soit une autre raison qui m’échappe. Ainsi, j’ai pu refondre mon curriculum vitae, redéfinir ma manière de communiquer et mes objectifs professionnels de manière plus affirmée et ambitieuse : au lieu de me positionner comme chargé de projet, j’ai me suis présenté comme chef de projet, car objectivement, c’est ce que j’ai fait pendant une bonne dizaine d’années, même si je n’avais pas la reconnaissance sur mon bulletin de paie : entre 2008 et 2018, j'ai pu mobiliser les compétences acquises les dix années précédentes pour prendre des décisions et mettre en œuvre des actions en autonomie, en équipe et dans le cadre d'un partenariat en réseau multi-sectoriel et multi-territorial.

Avant le bilan, j’étais peut-être conscient de ce que j’avais fait mais je le présentais comme quelque chose de naturel, qui allait de soi, tant cela faisait partie de moi. La conséquence est que si de mon côté je voyais ces qualités, l'employeur ne pouvait pas nécessairement les discerner au travers de mon discours.

Pendant le bilan, ma conseillère a tout fait pour que je sorte de cette logique. Le résultat n’a pas tardé à se faire ressentir : d’un côté, j’ai postulé à des offres de chef de projet et de cadre dans différents domaines : action sociale, logement, justice, emploi formation et d’un autre côté, je continuais à développer les deux sites qui avaient été commandées. En d’autres termes, d’une part, j’avais élargi mon horizon de recherche à d’autres secteurs et d’autres fonctions que mes anciens postes, et d’autre part, je créais des sites non seulement dans le but de satisfaire des commanditaires mais aussi dans la perspective d’enrichir ma stratégie commerciale par la création de mon propre site.

En ce qui concerne la recherche d’emploi, j’ai décroché des entretiens pour des postes très intéressants : chef de projet emploi formation dans un organisme chef de file au niveau national dans le cadre de la reconversion professionnelle. Je fais référence à cet événement car pour moi qui ai travaillé vingt années durant à développer des projets emploi formation, il représentait une opportunité particulièrement intéressante.

Quels conseils donneriez-vous à d’autres personnes intéressées par cette démarche ?

Il est clair que cette démarche implique d’être dans une perspective d’action et de réflexion orientée vers le changement professionnel. Elle requiert de s’engager dans un travail personnel exigeant et passionnant, et souvent de prendre les devants, d’aller chercher soi-même l’information.

Aujourd'hui, il existe de nombreuses ressources représentant des outils précieux à cet effet. Par ailleurs, avec tous les bouleversements qu’elle provoque, la période de crise sanitaire que nous traversons est le moment idéal pour se pencher sur son passé professionnel afin de mieux se projeter dans l’avenir, afin d’envisager une reconversion, une démarche de promotion professionnelle, de confirmer ou d’affiner un projet.

Ainsi, le bilan est à la fois un moyen de renforcer sa capacité à se projeter de manière ambitieuse tout en étant réaliste, de réactiver l'espoir en puisant dans ses propres ressources et dans celles qui s'offrent à nous tout autour de nous. Dans cette perspective, il me paraît tout indiqué de choisir parmi tous les autres, un outil qui soit le plus adapté : un travail en profondeur qui peut être mis en œuvre en même temps que l'on poursuit d'autres activités.


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Propos recueillis par Jérémy Gore, Avril 2021